En route vers le marché de NGor

Publié le par Koukla Tabi

en-route-vers-marche-Ngor-copie-1.JPGNgor est un village de pécheurs lébou, connu pour son île accessible en pirogue depuis la plage du même nom. Situé entre les Almadies et l'aéroport de Dakar, Ngor se compose d'un vieux village, ruelles entrecroisées trop étroites pour laisser passer les voitures et d'une ville nouvelle, où de somptueuses villas cohabitent avec des habitations plus modestes.

 

 

 

Aujourd'hui, je ne vais pas vous parler des pêcheurs, ni de la visite du vieux village qui mérite le détour mais du marché couvert de Ngor situé dans la partie moderne du village.

 

La ville nouvelle est un chantier géant, la terre est couleur sable rouge, des parpaings sont entassés partout, des barres d'acier attendent d'être coulées dans le béton, des ouvriers sans casque s'activent sur des échafaudages en bois, des maisonnettes de planches cloutées surgissent de nulle part, des femmes font frire des beignets et des sacs plastiques jonchent le sol.

 

vue de ville nouvelle Ngor 

Si tu vois de l'herbe par terre, c'est mauvais signe, cela veut dire qu'il y a de l'eau et s'il y a de l'eau qui ruisselle, c'est que c'est probablement une canalisation pas très ragoûtante qui fuit. Généralement quelqu'un a pensé aux autres et un parpaing a été posé en travers du ruisseau pour que l'on puisse passer sans se mouiller les pieds. Au milieu de ce paysage un peu surréaliste, où les aigrettes blanches fouillent les détritus et où on ne croise presque personne par rapport à l'agitation des grands axes de la ville, on aperçoit des femmes avec des seaux sur la tête ou des paniers en plastique au bras, parfois avec un bébé sur le dos. Il suffit de les suivre, elles vont au marché.

 

Le marché de NGor est le plus charmant petit marché couvert que j'ai vu jusqu'à présent. Pour s'y rendre depuis le rond-point de Ngor de la "brioche dorée", il suffit de longer sur sa gauche le canal qui passe devant le siège de Philips Morris. Le long de ce caniveau à ciel ouvert, cela ne sent pas très bon, surtout après 10 heures du matin, il faut dépasser un énorme tas de gravier, passer près des restes d'ordures brûlées, enjamber un petit ruisseau, continuer tout droit sur la partie bitumée et ça y est, vous y êtes.  

 

La partie centrale est encadrée par des échoppes où l'on trouve du riz, des petits pois secs, du maïs concassé, des arachides ou encore des fleurs de bissap. Des pamplemousses produits au Sénégal, de très bonnes oranges vertes et quelques citrons sont les fruits que vous pouvez trouver fin février. Des petits tas de légumes bien agencés vous font de l'oeil pour 100, 200 ou 300 francs et vous pouvez acheter une carotte ou un mini-chou à l'unité. Si vous aimez le poisson séché pour agrémenter vos sauces, vous serez servi. L'ail, les oignons, le gingembre ne sont pas chers du tout,  mais il faut les demander aux vendeurs dans les échoppes, véritables cavernes d'Ali Baba qui rivalisent dans la présentation des mini-sachets de vermicelles, de poudre de tomates séchées, de poudre de feuilles de baobab, de poivre moulu, de piments séchés, mais aussi de javel en poudre, de lessive ou de gel pour les cheveux.

Si vous souhaitez des crevettes fraiches, il suffit de demander aux vendeuses de poissons situées près des grandes glacières. Ce qui est chouette là-bas, c'est que personne ne m'embête ou ne me sollicite, les commerçants me sourient, les clientes complimentent mon bébé, bref c'est tranquille et bon enfant.

enfants jouent devant marché Ngor

 

Rien que ce matin, j'ai acheté quatre maquereaux très frais pour 500 francs,  c'est à dire moins d'un euro ! Un conseil pour ne pas passer trop pour un touriste, vous pouvez annoncer non pas la quantité de ce que vous souhaitez mais le prix, 200 francs de gingembre, 100 francs de coriandre...

 

Après les courses, on peut déguster des brochettes de viande, quelques beignets ou une orange qu'un vendeur épluche pour vous en découpant la peau d'un seul tenant de manière circulaire, aller se faire couper les cheveux, ou encore apporter ses habits à recoudre chez un tailleur qui possède encore des fers à repasser au charbon. 

 

Publié dans Vie quotidienne

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