LE FMI préconise, sans surprise, de réduire les subventions énergétiques en Afrique subsaharienne

Publié le par Koukla Tabi

pylone1.jpegLes subventions accordées au secteur de l'énergie représentent en Afrique subsaharienne 3%  du PIB, soit autant que les sommes consacrées aux dépenses de santé,  estime mercredi Roger Nord, du département Afrique  du FMI dans un podcast disponible sur le site internet de l'institution à l'occasion de la publication d'une étude sur le sujet. 

Le raisonnement du FMI est simple, s'il reconnait que les subventions peuvent jouer un rôle important en permettant aux plus pauvres d'avoir accès à l'énergie, il estime que les subventions n'aident pas toujours les plus démunis et qu'en plus leurs coûts signifient moins de ressources pour la  protection sociale, l'éducation ou encore les infrastructures.

L'étude du FMI montre que les couches les plus aisées reçoivent presque  la moitié des subventions tandis les plus pauvres en reçoivent moins de 10 %, simplement parce que les couches les plus pauvres ne sont pas connectées du tout au réseau électrique par exemple.

Et comme selon le FMI, la production d'électricité par habitant est inchangée depuis 1985 en Afrique subsaharienne, cela prouve que le secteur est en situation de sous-investissement  à cause.... des subventions (et pas d'une mauvaise gestion  ou de la corruption, ou les deux...).

Conclusion du FMI : il faut un secteur énergétique plus puissant et réduire les subventions.

Pour comprendre cette position, il faut se souvenir de l'idéologie qui la sous-tend.

La théorie (néo)libérale ou (néo)classique considère que quasiment n'importe quel marché peut s'auto-réguler, c'est à dire aboutir à un prix "juste" d'équilibre entre une offre et une demande à condition de ne pas intervenir dans la transaction. En gros, si je cultive des fraises, je trouverai forcément des acheteurs, si j'en propose beaucoup le prix baissera et si j'en ai peu, le prix augmentera.  (Car si  j'en ai produit beaucoup, on peut imaginer, que j'ai réduit mes coûts unitaires. et donc j'accepte que le prix soit plus bas). En revanche, si l'Etat subventionne l'achat des fraises, cela crée une demande artificielle qui va fausser ce prix "naturel".  

Sans subvention, on peut se demander quel sera l'impact sur les populations. Le FMI a son idée là-dessus : " la suppression complète aurait un impact négatif", explique Roger Nord. Le FMI préconise donc des mesures compensatoires comme des SUBVENTIONS ciblées sur  le transport public ou bien des transferts directs.  S'ensuit une liste de recommandations ponctuées de "il faut", il faut une réponse graduelle, il faut des institutions fortes, il faut réduire les coûts de distribution...

 OK, mais comment ? Malheureusement, le FMI ne donne pas la réponse. Mais ce qui est sûr c'est qu'il faut faire quelque chose !

Publié dans Economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article