Je l'ai fait !

Publié le par expatez-vous

 

    P1040037Je suis montée dans un mini bus, au milieu des boubous, des vieilles fatiguées qui s'épongent le visage, des jeunes filles en jeans moulants et coupes afro, des barbus suspendus à leur chapelet, des cartons de bananes, des gendarmes qui rentrent chez eux. J'ai été cahotée pendant 45 minutes avec la radio à fond mais je n'ai payé que 100 francs (soit entre 10 et 15 fois moins qu'avec un taxi qui met 15 minutes). 

 

L'exercice m'a semblé plus facile que je ne l'imaginais. Mais n'est-ce pas toujours ainsi ?  Nos plus grandes peurs sont intérieures... Finalement, le plus dur est d'accepter de ne pas savoir, accepter de demander de l'aide, accepter d'avoir l'air (peut-être) d'une imbécile et accepter de se tromper (éventuellement) de direction. 

Je me  suis donc postée à un carrefour, là où attendait un homme en boubou beige avec une barbichette bien taillée et un long chapelet dans la main. Je ne savais pas si des bus allaient s'arrêter, mais personne ne reste debout sans rien faire au Sénégal, à moins d'attendre un moyen de transport... 

 

Au bout de cinq-six minutes, un mini bus s'est arrêté à notre niveau, avec une pancarte  posée derrière un parre-brise brisé,  indiquant "Yoff". Sachant que Yoff se situe "derrière" chez moi, j'ai fait l'hypothèse  que ce mini-bus passait par mon quartier. Je m'en suis assurée avant de monter auprès de mon homme en boubou et ni une ni deux, j'ai grimpé à l'intérieur. Le conducteur a immédiatement redémarré, et là il n'y a qu'à bien se tenir ! 

 

Une fois à l'intérieur, impossible de comprendre à qui je devais payer mon ticket, alors j'ai demandé au chauffeur, aux gens autour de moi et finalement à force de gestes, j'ai compris que je devais donner ma pièce à quelqu'un qui la passait à la personne derrière elle, et ainsi de suite jusqu'à un homme assis au fond du mini bus qui est protégé par une grille. Mon ticket m'est ensuite revenu en empruntant le chemin inverse. Il faut voir les jeunes filles tendrent leur pièce avec un air d'autorité supérieure, et les vieux monsieurs s'excécuter sans piper !

 

Sinon, j'ai trouvé que les gens étaient plus serviables que dans les transports en commun parisiens, un gendarme a aidé le vendeur de fruits à descendre ses bananes, et le vendeur de bananes lui-même s'est excusé de m'avoir bousculé. 

 

Je mentirai si j'omettais qu'un Sénégalais a tenté sa chance. Il sentait la bière et m'a abordé en me demandnt si j'étais étudiante ou professeur (ce qui je suppose était un compliment relatif à mon âge). Comme je ne répondais que du bout des lèvres, il m'a fait remarquer que j'avais l'air d'une touriste. Ce qui n'était pas complément faux ! Et il a ri pendant au moins une minute en disant " une touriste en durée indéterminée".

 

 

      Ah oui et cerise sur le gâteau, vous ne devinerez jamais, un contrôleur est même monté à l'improviste pour vérifier les billets !

Publié dans Vie quotidienne

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