Les difficultés d'accès au crédit freinent le "produire local pour consommer local" en Afrique de l'Ouest

Publié le par Koukla Tabi

Les très petites entreprises du secteur agroalimentaire d'Afrique de l'Ouest voudraient mettre à disposition des populations locales leurs produits mais sont en proie à des difficultés d'organisation et d'accès au crédit, estime vendredi la présidente de l'association Afrique AgroEXport (AAFEX), qui représente 111 entreprises dans 16 pays d'Afrique.

"Si nous ne faisons rien pour transformer à grande échelle nos produits locaux, nous mangerons peut-être, probablement chinois, mais ce n'est pas ce que nous voulons", écrit Marie-Andrée Tall, présidente de l'AAFEX sur le site collaboratif Médiaterre. 

La moitié de la production de céréales produites et transformées localement par les membres de l'AAFEX est vendue à l'étranger en raison des coûts de production élevés qui rendent les produits inaccessibles aux populations locales, déplore-t-elle.

La première difficulté de ces entreprises est l'accès aux matières premières de qualité à des prix abordables en l'absence de système d'information sur les prix et les quantités pratiqués sur les marchés, explique  Marie-Andrée Tall qui préconise la contractualisation avec les producteurs comme solution durable.

"Nous devons nous inspirer des contractualisations réussies, comme pour la Société de conserves alimentaires du Sénégal (SOCAS)", explique-t-elle.

La Socas, filiale du groupe Sentenac, s'approvisionne en tomates sur la base de contrat fermes d'achat auprès de plus de 15.000 paysans dans la vallée du fleuve. La société produit ainsi plus de 15 millions de boites de concentrés de tomates par an dans ses deux usines d'une capacité de traitement d'environ 2.000 tonnes de tomates par jour.

"Les entreprises ont intérêt à se regrouper en coopératives, ou en consortium, pour leur approvisionnement en matières premières", affirme encore Marie-Andrée Tall.

La seconde difficulté est celle de l'accès au crédit, les banques ayant des exigences similaires qu'il s'agisse de grandes ou de petites entreprises. Les organismes financiers ne proposent pas de solutions destinées à financer l'acquisition d'un terrain, de bâtiments et d'équipements pour les petites entreprises sur le long terme, détaille Marie-Andrée Tall qui souhaiterait que le crédit-bail soit davantage proposé aux entrepreneurs et adapté au continent africain.

"Ce que nous voulons, c'est être sûr de manger et surtout manger ce que nous produisons et transformons. Ce n'est pas un acte gratuit. C'est un acte militant",  a-t-elle encore jugé.

Publié dans Economie

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